Susan Dahlberg
Il y a plus de 25 ans, j’ai commencé à peindre des textiles. Je cousais les morceaux de tissus sur une pièce textile au point de plumetis. Déjà à l’époque, je teignais mes propres tissus.
Quelques années plus tard j’ai découvert que ma machine à coudre possédait un pied à quilter et je m’en suis beaucoup servi !
J’ai cousu mes images sur des cotons pliés en deux. Le top était teint à la main et le tissu du dessous un tissu de doublure.
J’étais une fois en train de quilter un vieux mur ; or ces murs en bois ont souvent des éléments orange. J’avais déjà deux beaux tissus, et je me demandais comment y introduire ce colori. Tout d’un coup je me suis souvenu de chiffons japonais que je possédais depuis les années 1960 et dont un était justement dans mon placard. J’ai eu l’idée de le découper en plusieurs morceaux et de les fixer solidement au « mur » ; j’ai immédiatement réalisé combien il était agréable de travailler ce textile. Le chiffon est très fin et selon son utilisation, en couche unique ou multiple, on arrive à obtenir des tons variés et différents. Le chiffon me servait de pinceau me permettant de peindre différentes nuances sur le tissu.
Maintenant, je matelasse tout avec mon pied à quilter.
Par la suite j’ai réussi à trouver un revendeur qui pouvait me procurer des chiffons japonais. Les japonais me les teignent même aux couleurs que je demande.
Les images que j’ai commencées à quilter de cette façon – avec le tissu teint comme fond et le motif créé avec des chiffons par-dessus – étaient souvent prises pour des peintures à l’huile ou des aquarelles. Ce n’est que de près que l’on pouvait voir que les images étaient cousues à la machine.
Mon premier contact avec le monde du quilt s’est fait lorsque j’ai été invitée à enseigner en Norvège. A partir de là j’ai mis sur pied des cours tout spécialement pour des quilteuses suédoises et norvégiennes. Avant cela, j’apprenais à des professeurs d’art textile un peu partout en Suède comment créer des images textiles.
Lorsque je crée mes images, il m’arrive de m’inspirer de mes photos, mais parfois je ne me sers pas de modèle.
Lorsque je transferts un motif sur du tissu, je le dessine d’abord sur une feuille de papier. Ensuite je pose le papier sur le tissu et quilt les lignes principales. Quand j’ôte le papier, j’ai ainsi les lignes bien visibles sur le tissu. Ensuite j’utilise la technique de l’assemblage par bandes et le chiffon pour faire ressortir le motif. Je mélange plusieurs techniques – la broderie machine et main, le transfert photo, la sérigraphie etc.,
La très belle région de Dalarna en Suède m’inspire beaucoup. Les vieilles demeures, les costumes traditionnels, le « dalahäst » (cheval caractéristique de cette région), la musique folklorique et le solstice d’été ne cessent de me fasciner.
A part les images, je travaille aussi avec des objets textiles comme « les fleurs éternelles ». Ces fleurs sont réalisées dans du lainage.
Mes images comportent souvent un caractère sacré ; à travers certaines images j’exprime ma croyance dans l’au de-là.
En ce moment je travaille sur une grande image – la grille d’un très vieux pavillon suédois. Je l’ai appelé « La grille étroite ». Je vais exposer cette pièce ainsi que plusieurs autres à l’exposition qui se tiendra dans l’Eglise de Oldenzijl à Groningen (Pays Bas) du 8 au 10 juin 2012.

Site Internet: www.susandahlberg.se